En hommage à notre collègue lâchement assassiné

En hommage à notre collègue lâchement assassiné

En hommage à notre collègue lâchement assassiné

Samuel Paty a été victime d’un odieux attentat meurtrier uniquement pour avoir accompli son métier d’enseignant. Nous, enseignants, sommes atterrés et émus par ce drame. Nous tenons à nous associer à la douleur de sa famille, de ses proches, de ses collègues et de ses élèves. Nous tenons aussi à proclamer haut et fort que nous ne renoncerons jamais à ce qui fait la beauté de notre métier : éveiller des jeunes gens à l’esprit critique et à la tolérance.

Cela faisait des décennies que notre profession n’avait pas été aussi violemment frappée dans sa chair. Il faut remonter au temps de la Seconde guerre mondiale lorsque des enseignants, aux appartenances politiques et idéologiques et aux croyances différentes mais partageant en commun une conception fraternelle et ouverte de l’humanité, combattirent côte à côte l’Occupant et la bête nazie.

A cette époque les instituteurs et les institutrices de l’école de la République avaient tissé une toile de Résistance sur notre département. Madame Corre, institutrice et secrétaire de mairie au Guildo avait adhéré au mouvement Libération. Elle refusa d’afficher le portrait du Maréchal Pétain dans sa classe, ce qui lui valut d’être révoquée, et elle fut arrêtée pour avoir procuré à des réfractaires de fausses cartes d’identité et des cartes d’alimentation. Elle fut déportée début août 1944 et elle décéda le 19 janvier 1945 à Ravensbruck. Paul Corlay, instituteur à Trévron, arrêté et déporté en 1943 pour faits de Résistance qui parvint à survivre à l’enfer de Buchenwald… Maurice Cocheril, instituteur à Jugon, qui organisa la Résistance armée sur l’Intersecteur Est s’étendant de Lamballe à Dinan et de Saint-Cast à Merdrignac.

Le lycée des Cordeliers apporta largement sa contribution à ce noble combat, ce fut aussi une pépinière de résistants avec par exemple les abbés Barré et Gauffeny. L’abbé Maurice Barré, réformé de l’armée s’engagea volontairement en 1940 lors de l’invasion de la Belgique, capturé par les Allemands il parvint à s’évader et à rejoindre Dinan. De retour il adhéra à l’Armée Secrète et il organisa un réseau de renseignement et d’évasion. Responsable régional, il fut arrêté par la Gestapo en décembre 1943 et déporté pour Dachau le 2 août 1944. Fort heureusement, il survécut et put regagner la France.

Samuel Paty, comme ses glorieux prédécesseurs, faisait vivre les valeurs de tolérance, d’ouverture et de respect de l’autre dans le cadre de nos principes républicains : Liberté-Egalité-Fraternité ! Ensemble nous poursuivrons notre travail afin d’empêcher l’obscurantisme d’étouffer notre société et pour que nous puissions tous avoir la liberté de croire ou de ne pas croire et de pouvoir exprimer librement nos opinions.

La communauté enseignante du lycée La Fontaine-des-Eaux.

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